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Ghibli · · 4 min de lecture

Ghibli : histoire, univers et personnages

Depuis 1985, le Studio Ghibli signe une animation dessinée à la main entre nature, vol et enfance. Origines, univers et figures qui la composent.

Ghibli : histoire, univers et personnages

Le Studio Ghibli est un studio d'animation japonais fondé en 1985 à Tokyo, auteur de films comme Mon voisin Totoro, Le Voyage de Chihiro ou Princesse Mononoké. Il s'est imposé comme une référence mondiale de l'animation dessinée à la main, portée par un style graphique reconnaissable et des récits qui mêlent enfance, nature et merveilleux. Trente-neuf ans après sa création, ses films continuent d'être redécouverts par de nouveaux publics à chaque sortie en salle.

Origines : la rencontre de Miyazaki, Takahata et Suzuki

Le studio naît de l'association de trois hommes : le réalisateur Hayao Miyazaki, son aîné Isao Takahata, et le producteur Toshio Suzuki, alors éditeur du magazine Animage. Avant Ghibli, Miyazaki et Takahata ont déjà collaboré sur plusieurs séries et sur le film Nausicaä de la Vallée du Vent (1984), dont le succès convainc Suzuki de fonder une structure dédiée à des longs-métrages animés exigeants, à contre-courant des productions destinées uniquement à la télévision. Le nom « Ghibli », emprunté à un vent du désert et à un avion italien que Miyazaki admirait, traduit l'ambition affichée dès le départ : souffler un vent nouveau sur l'animation japonaise.

Un univers fait de nature, de vol et de seuils entre deux mondes

Les films du studio partagent des obsessions plus qu'un scénario type. La nature y tient une place centrale, souvent menacée ou blessée par l'homme, comme dans Princesse Mononoké ou Nausicaä. Le vol, sous forme d'avions, de balais ou de créatures volantes, traverse une grande partie de la filmographie de Miyazaki, qui a lui-même grandi près de l'usine aéronautique de son père. Beaucoup de récits font aussi passer leurs héros par un seuil vers un monde parallèle : le tunnel de Chihiro, la forêt de Totoro, le château animé de Howl. Cette porosité entre réel et merveilleux, traitée sans grand méchant caricatural, distingue Ghibli d'une bonne partie de l'animation occidentale de la même époque.

Des figures qui traversent les générations

Chaque film impose ses propres personnages, mais certains ont dépassé le cadre de leur histoire d'origine. Totoro, esprit de la forêt à la silhouette ronde et grise, est devenu le symbole visuel du studio. Chihiro, dix ans, affronte seule un monde de bains hantés pour sauver ses parents transformés en porcs. San, élevée par des loups dans Princesse Mononoké, incarne un affrontement entre nature et industrie sans camp clairement héroïque. Calcifer, démon du feu enchaînant le Château ambulant, ou No-Face, esprit muet et changeant de Chihiro, comptent parmi les créations les plus discutées du studio. Derrière la caméra, Miyazaki et Takahata restent les deux auteurs les plus associés à cette période, Takahata portant des œuvres plus sombres comme Le Tombeau des lucioles, quand Miyazaki penche vers le merveilleux et l'aventure.

Pourquoi Ghibli marque autant

Le studio a construit sa réputation sur un refus assumé de la facilité : animation intégralement dessinée à la main longtemps après l'arrivée de l'image de synthèse, rythmes narratifs qui laissent respirer le silence, personnages secondaires traités avec autant de soin que les héros. Le Voyage de Chihiro reste à ce jour le seul film japonais récompensé par l'Oscar du meilleur film d'animation, en 2003, un jalon qui a fait connaître le studio bien au-delà du Japon ; Le Garçon et le Héron lui a valu un second Oscar en 2024. Cette exigence graphique, associée à des thèmes universels sur la perte, la croissance et le lien à la nature, explique que des films sortis dans les années 1980 continuent d'être regardés par des enfants qui n'étaient pas nés à leur sortie.

Le studio a aussi prolongé son univers hors de l'écran : le musée Ghibli, ouvert en 2001 à Mitaka en périphérie de Tokyo, et le parc Ghibli, inauguré en 2022 dans la préfecture d'Aichi, permettent de traverser physiquement les décors des films. À l'international, la distribution a longtemps reposé sur un accord avec Disney avant de passer à GKIDS, ce qui a permis à des générations de spectateurs hors du Japon de découvrir la filmographie dans son ensemble, souvent film après film plutôt que dans l'ordre de sortie d'origine.

C'est cette identité visuelle, entre douceur du trait et forces de la nature, que l'on retrouve sur les affiches consacrées à l'univers Ghibli.

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